Aptonia – le défi TRYathlon

Chronique d’une débutante en triathlon.

– Ça se passe comment dans ta tête en ce moment ? Tu flippes hein ?

– Nan, ça va dis-je en haussant les épaules.

– Allez, tu déconnes. Je sais que tu flippes et que tu n’as pas envie d’y aller.

– Déjà, tu n’es pas dans ma tête et savoir ce que je pense faire ne t’intéresse pas. Et puis merci ! Au lieu de m’encourager, tu me stresses.

– Oh ça va, ce n’est qu’un S.

– Oui mais c’est énorme pour moi.

– Ben, médite comme tu le fais si bien.

– Ce n’est pas pareil. Bon, allez on arrête d’en parler, ça va m’énerver.

– Tu fais tout ça mais après tu vas le finir et tu pourras montrer ta médaille.

– Y’en aura pas.

– Ils déconnent ! Tu cours, tu as une médaille, non ? Et là, tu nages, tu pédales et tu cours. Nada. Wallou.

– Je ne cours pas pour la médaille, je t’ai dit.

– Pourquoi alors ?

– Comme ça. Pour moi.

– Tu commences comme ça et tu iras faire un Ironman dans deux ans.

– N’importe quoi. Je ne suis pas comme ça.

– Tu as commencé par la course et tu as fini par un marathon. 9 mois après. Rien ne m’étonne chez toi.

– Déjà, chaque chose en son temps. Laisse-moi finir ma course. J’ai envie de changer de format. J’ai voulu faire le S de suite mais en vrai, je voulais le XS. Je vais voir si je peux changer.

– Tu te barres déjà du S. Rires venant de sa part.

– Mais non, mais j’ai tellement plein d’excuses pour ne pas faire la distance S.

– Je m’en doutais.

– T’es con !

Dans quelle galère je m’étais mise. Je voulais sortir de ma zone de confort. Mots magiques pour dire qu’il faut se bouger les fesses.

D’ailleurs, le soir même, je décide d’envoyer un message à l’organisation du Chtriman Gravelines

Moi : Petite question : je peux changer et passer du S en XS (et de je ne parle pas de taille de tri fonction 😜) ?

Eux : Bonjour, il n’est plus possible de changer de courses actuellement! Les dossards et puces sont déjà prêtes… 😊

Moi : Ah dommage !

Eux : Désolé ! Mais je suis sûre que ça ira très bien sur un S😁

Moi : 😱😜J’ai peur ! Mais bon, je ne serai pas toute seule dans ce cas. A demain ! 🙌🏼 »

Prise en flagrant délire de changer de distance. Mais pourquoi? Je pense que je n’ai pas assez confiance. Et puis, cela ne me coûte rien de tenter.

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Mon billet de train est téléchargé sur l’application. Mon sac m’attend à la maison. J’aurais le temps de prendre une douche avant de repartir pour prendre le métro. Je supporte mieux une course dans le désert que le métro et ses chaleurs abjectes.

J’ai ma liste pour ne rien oublier. Les lentilles sont prêtes aussi. C’est l’essentiel. Bien voir.

Et à ce qu’il paraît, la chaleur lilloise va aussi faire ses siennes : je n’arrête pas de m’hydrater.

Je rentre vite de l’école. Mon sac est près de la porte. Je fais attention à ne rien oublier grâce à la liste intégrée dans le sac. Je refais le tour. Il est temps de prendre le train. Je porte le fameux sac de transition offert par Aptonia. Ça fait stylé d’avoir ce sac et son casque accroché. Ça fait genre : « ah oui, elle, c’est une grande sportive ! » Mais en vrai, j’ai l’impression de fabriquer une imposture. Tu sais, ce fameux syndrome de l’imposteur.

Je reçois quelques mots des copains : « cette course est la tienne. Fais-la pour toi pas pour les autres ! « 

Cela me rassure. Je me dis aussi que je ne serai pas là seule. Et qu’il faut bien se lancer !

Soir de quart de finale.

J’avais envie de sortir et partager cela et puis, finalement je suis restée dans ma chambre. Déception aussi. Au 2ème but des américaines, j’éteins la télévision. J’en profite pour faire ma séance de méditation pour tenter d’oublier la défaite et me refocaliser sur mon prochain défi. En ce moment, je passe à deux séances de mindfulness par jour pour créer un peu plus d’espace dans ma tête. Je sais juste que je me suis endormie rapidement. L’accumulation de la fatigue a fait des siennes.

Je me réveille tranquillement le lendemain mais j’ai vraiment chaud ! Le groupe whatsapp Chtriman Aptonia est créé et je vois que Pierre Fit en Basket est déjà sur la terrasse pour le petit déjeuner. Je le rejoins et malgré le buffet imposant, je reste avec une petite boule au ventre. Je ne termine même pas ma deuxième tartine.

Nous avons rendez-vous à 9h40 devant la gare pour partir avec Estelle de Kalenji dans le minibus. Nous retrouvons Stefano et son amie, Greg Runner et Nicolas de Jogging International. Direction Gravelines.

C’est l’occasion de discuter de nos entraînements et de décompresser aussi.

Nous rejoignons la tente Aptonia pour déposer nos sacs. Une bonne délégation Décathlonienne est présente : certains plus expérimentés que d’autres mais tous aussi sympathiques et motivés. Une bonne équipe prête à en découdre sur toutes les distances.

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Vincent, notre G.O. de la journée, nous invite à aller chercher nos vélos prêtés pour la journée. Niveau logistique, c’est déjà ça en moins. J’ai mon Triban Women Cycling, un vélo de route qui a la particularité d’avoir le guidon plat. Vincent m’explique que c’est plus rassurant pour moi et que ce serait l’occasion de me sentir plus en confiance. Je le crois. Je regarde la bête (le vélo pas Vincent) avec appréhension. « Tu ne me lâches pas, hein ! J’ai vraiment besoin de toi sur ce coup ! » Je l’emmène vers la zone de transition. C’est drôle de voir ce va-et-vient de vélos. L’équipe vidéo me suit et je me sens gênée. Les filles vidéoastes sont super mais j’ai l’impression que l’on attend beaucoup de moi. Genre, la fille qui arrive avec caméra et tout le reste. Comme une star.

« Euh ! Non, moi, je viens juste pour finir le triathlon. » Je zieute à droite et à gauche. Je regarde comment font les filles. Une jeune triathlète m’explique ses trucs. Merci mademoiselle. Je note tout. Je pose ma petite serviette et le reste dessus. Je n’en suis pas aux pédales automatiques donc ça va encore. Je pose une barre de pâtes de fruits. Je l’ouvre en me disant, trop fière, comme ça, je vais gagner du temps. Une barre de rire comme diraient les jeunes.

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Note pour plus tard, la barre s’est faite écrasée par les pieds de ma voisine.

C’est bon. Je ressors toute heureuse de la zone de transition. J’ai gardé avec moi mes lunettes de natation et mon bonnet. Je revérifie une dernière fois avant de sortir car apparemment toute sortie est définitive.

Je retourne voir mes amis de la team Aptonia sous la tente à l’ombre. Je n’arrive pas à manger. Je ne mange rien. Vincent m’offre une barre de chocolat. Ok. Au moins ça pour ne pas pas tomber dans les pommes. Je bois, mais tellement ! Il fait déjà beaucoup trop chaud à 13h !

D’ailleurs, on nous appelle pour aller se mettre sur la ligne de départ. Direction le lac. Je suis encouragée grandieusement par l’équipe. Non, non pas de pression. En vrai, je l’ai mais je l’apprivoise. Je l’approche et je lui révèle que j’ai besoin de cette pression pour faire ce que je fais.

Je n’ai plus peur. Les filles s’assoient sur le bord de l’eau, le temps de prendre ses repères puis nagent vers la ligne de départ. L’eau du lac est fraîche et bonne. J’ai décidé de ne pas mettre de combinaison. Trop compliqué à enlever et puis, soyons honnêtes, je ne l’avais pas testée non plus. J’ai encore mes tongs et je les laisse à Estelle.

Allez, tu n’es pas toute seule.

Oui, mais bon. Je regarde les filles autour de moi et je me rends compte qu’effectivement, je ne suis pas la seule à débuter. Il faut bien un début.

Je trempe mes jambes, je mouille mon cou. Je mets de l’eau dans mes lunettes. Je suis les précieux conseils apportés par mes camarades bien expérimentés. Des algues me touchent les jambes mais la sensation de fraîcheur est agréable, surtout avec cette chaleur.

Je nage vers la ligne de départ et je veille à rester derrière. J’ai déjà vu des filles bien combatives et qui allaient tout donner dès le départ. Je vais tout donner mais en fond de couloir. Je n’ai pas envie de me recevoir des coups. J’arrive au moment où le départ est donné. Je commence par le crawl. Certes, j’aurais avancé plus vite en combinaison. Mais honnêtement, je n’avais pas pu partir avec et je ne voulais pas me mettre une difficulté supplémentaire. Je reste dans le moment présent. Concrètement, je reste focalisée sur les gestes. Pas le temps de se cogiter, je reste concentrée sur ma respiration. Je fais partie des dernières mais peu importe, j’avance.

Arrivée à la première bouée, je n’avance plus en crawl, j’alterne brasse coulée et crawl. J’ai mal aux bras.

Note pour plus tard : aller (très) régulièrement à la piscine et muscler mes bras.

Je me dis que quand même, je ne suis vraiment pas au top. Mais je suis tellement heureuse de voir la ligne d’arrivée que je souris. Je souris quand les bénévoles me portent pour le tapis ! Oui, je me laisse transporter car je ne sens plus mes jambes. Je titube comme une bourré mais j’ai le sourire aux lèvres.

Tu crois que c’est fini et puis voilà, le moment fatidique du vélo.

Je me répète « Yema » dans ma tête. J’appelle ma mère consciemment pour qu’elle me donne de la force et m’aide à surmonter ma peur du vélo. Traumatisée depuis le triathlon de Cannes, je n’osais pas remonter. Et l’occasion fut là. Je ne pouvais reculer. Grande respiration. Je focalise sur ma respiration et je me dirige vers la zone de transition.

La zone est presque vide. Sur le coup, je ne fais pas gaffe. Je n’entends que les encouragements de la Team Aptonia et du public. C’est sympa d’encourager les dernières. Je suis rapide pour mettre mes chaussures, lunettes et casque. Ma pâte de fruits est écrasée. Tant pis. Je le saurais pour la prochaine fois.

Je respecte les consignes : surtout tu ne montes pas sur ton vélo tout de suite. Ok.

Copyright André Richard

C’est plat et plutôt rassurant. Je sens le vent de face mais ça va. Je tiens. En revanche, heureusement, que j’ai mis ma crème solaire avant car je sentais la chaleur sur mes bras. Je respire et je ressens une sensation de liberté sur ce vélo. Finalement, c’est sympa ! Je ne suis pas toute seule. Et j’avance. J’étais prévenue des tournants en épingle mais je ralentissais. J’étais hyper prudente. Parfois trop. Mais sur le coup, je savais que c’était comme ça que j’étais rassurée. J’ai vu certaines parties du paysage mais j’étais focalisée sur le rythme. Je trouvais le mien et j’appréciais ce moment.

A un moment, une grosse bestiole noire se pose sur mes lunettes puis sur ma cuisse. Je ne sais pas si c’est la douceur de ma peau ou la transpiration mais toujours est-il que la bestiole reste bien collée.

Nan, mais voilà que je prends un risque : je lève ma main gauche pour l’envoyer balader sur le côté. Wouah ! Je pédale à une main ! Petit moment de fierté. Oui, c’est énorme pour moi. Et là, je reprends confiance. J’accélère un peu et ça roule. Une petite montée au-dessus de l’autoroute pour redescendre. Je freine car la peur revient. Respire. Ça passe crème. Ouf !

Copyright Pierre-Louis Boniface

J’arrive vers le deuxième tour et la zone de transition. Je pensais que c’était une boucle de 20km. Je n’ai pas mis ma montre en marche et elle sert de décoration pour l’instant. J’entends un bénévole crier : « 1er ou 2ème tour ? » Ben, tu vois bien que je suis dans les dernières non ? Il me manque un tour.

Il crie : « A gauche ! » Je ne comprends pas. Je dois aller à gauche ou je laisse passer à gauche ? Bref. Je suis la fille qui est devant et c’est reparti pour un tour.

Le deuxième tour me semble plus facile : j’ai déjà mes petits repères avec les bénévoles, les virages et le pont.

Quand j’arrive enfin pour déposer mon vélo, l’arbitre, vraiment sympa, a un mot gentil envers moi. Je le dépose normalement. Je prends mon Buff à la main et j’y vais.

Yes ! J’ai réussi.

Je vois la Team Aptonia qui hurle mon prénom. Je leur réponds avec le grand sourire : « je ne suis pas tombée du vélo !!! ! » Ils savent mon appréhension et m’ont vraiment mise en confiance. Je pars mais je n’ai plus de jambes là aussi.

Note pour plus tard : travailler les transitions.

J’ai chaud ! Vraiment trop chaud mais j’avance en mode petit pas. C’est quoi ce délire ? La course à pied est mon point fort mais je n’ai plus de cuisses. Le cardio est ok, pourtant.

Je continue mon chemin. J’ai soif et je me rends compte que je n’ai plus ma gourde. J’attends le premier ravitaillement avec impatience.

Entre temps, je suis une jeune fille. Je n’en peux plus. J’arrive à son niveau. Elle marche. Je marche. Elle repart et j’engage la conversation. Nous finirons ensemble. A un moment, je lui dis : vas-y. Je vais marcher. Elle continue. Et puis je repars la rejoindre et nous continuerons en courant.

Allez, on se motive.

C’est bientôt la fin ! Mais oui. Ça veut dire que je vais finir mon triathlon ! Le gros gros kiff !  Le sourire ne me lâche pas.

Je laisse Pauline (la jeune fille qui m’accompagnait) pour qu’elle franchisse la ligne seule et je suis juste derrière !

Ah mes vidéastes adorées sont là ! Je n’ai même pas le temps de souffler qu’elles me demandent comment je suis.

Je suis au top !

Je suis tellement fière de ma course. A mon humble niveau. Sérieusement, je n’aurais jamais pensé pouvoir le faire. Je suis heureuse et mon sourire ne me lâche plus.

C’est une petite victoire pour moi. Et paradoxalement, j’ai adoré le vélo.

Je me mets déjà dans l’optique d’une autre préparation triathlon.

Je dis merci « Yema ». Ça veut dire maman en arabe. Mais, elle ne le sait pas que j’ai repris le vélo sinon elle m’aurait interdit de le faire. Même à mon âge.

Je retrouve la Team Aptonia. Je sens qu’ils sont super fiers et sincèrement. Vos encouragements furent précieux. J’attends les garçons qui ne vont pas tarder à arriver : ce sont des flèches !

C’est l’occasion de débriefer sur la course. J’apprends que Requia, une autre blogueuse, se lançait sur le challenge XS mais ne pouvait pas venir. J’avoue que l’idée de prendre son dossard m’effleurait la tête. Mais, après réflexion, je suis contente d’avoir fait le S. A mon rythme. Lentement mais j’ai franchi la ligne.

Puis vient le moment plaisir du ravitaillement avec le verre réutilisable du Chtriman et la récupération en mode hydratation intensive et rouleau pour les jambes. Ce fut une belle aventure en groupe.

J’étais heureuse de partager ce défi #TRYathlon avec l’équipe Aptonia, Estelle de Kalenji, les copains influenceurs. Merci Vincent et Clara pour l’organisation et la logistique.

A quand le prochain défi triathlon ? Qui se lance avec moi ?

A bientôt,

Nadia

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Runneuse, hyperactive et parisienne, je profite de la vie comme il se doit! J'adore partager mes aventures sportives et parfois moins sportives.

3 commentaires sur « Aptonia – le défi TRYathlon »

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