Mon Ecotrail 30km 2018 : des conditions dantesques

Quand on parle de finir au mental, c’est clairement ce qui m’est arrivée ce samedi. Et honnêtement, je n’ai rien lâché pour moi mais aussi pour mon amie Sonia, qui se lançait pour la première fois sur le 30km. Comme moi d’ailleurs. Et malgré les conditions climatiques terribles, nous avons bravé le froid, la neige, la boue et le vent glacial pour obtenir notre fameux t-shirt finisher.

Et on l’aura eu, ce t-shirt ! Nous en avons bavé mais c’était tellement bon de faire cette course. Personnellement, j’ai vraiment adoré la partie gadoue et autre plaisir. Allez, je vous raconte plus en détail ce fameux ecotrail 30 km qui sera une nouvelle expérience à noter dans ma check-list running et trail running. Oui, car pour ceux qui pensent que l’Ecotrail n’était qu’une simple course trail crée pour des parisiens, eh bien détrompez-vous ! Il s’agit aussi d’un challenge pour tous et l’opportunité de découvrir le trail autour de Paris. Bon, évidemment, ceux qui se lançaient pour la première hier, auront eu un baptême glacial mais seront tellement fiers d’eux.

Bref.

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Au début, je m’étais dit que j’allais choisir le 18km. Parce que c’était court, parce que ça tombait bien dans ma préparation marathon et parce que je partais en classe de découverte le lundi d’après. Je ne voulais pas quelque chose de difficile. 18km, c’est jouable. Une sortie longue et hop !

Et puis, ma binôme de course, Sonia, me propose de nous inscrire plutôt sur le 30km. Je crois bien qu’elle n’avait pas conscience de la difficulté du parcours. Je pensais que, dans sa tête, ça ne fonctionnait pas rond. « Tu comprends, je voulais sortir de ma zone de confort« , me challenger un peu. Mais seulement si tu la fais avec toi. Je me sens sécurisée. »

Forcément, quand ton amie a envie de mettre la barre un peu plus haut, tu l’accompagnes. Et puis, je me dis : « au pire, j’aurais des courbatures !  »

Nous voilà donc inscrites sur le 30km de l’Ecotrail

Le vendredi, j’en profite pour aller récupérer nos dossards au salon Destination nature. Je croise Julien, Marie et Romaric. J’envoie un message à Sonia : « il est encore temps de changer en 18km si tu le souhaites.  » Non, non. » Ok, je récupère les dossards.

Je commence à préparer mon sac et je n’oublie pas le matériel obligatoire : gobelet, sac pour les déchets, l’eau et la couverture de survie. Sur le coup, je m’étais dit que oui, c’est obligatoire mais je peux me débrouiller sans. Mais comme c’est une course en presque autonomie, il n’y aurait qu’un ravitaillement au 20km et à l’arrivée. Entre temps, j’ai vraiment compris l’utilité de la couverture de survie. Vers la fin, quand je voyais les coureurs en short et t-shirt tétanisés par le froid, une seconde couverture de survie aurait été appréciable pour certains.

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Mon sac est prêt. Ma tenue aussi. En regardant la météo, il était bien prudent de prévoir un sac de change et des chaussures sèches. Et surtout pour le départ du trail. En général, j’aime bien tester mes chaussures avant une course pour sentir le confort et l’accroche. Et surtout être en confiance pour la course. 30 km, ce n’est pas rien.

Et pourtant, j’avais récupéré ma paire de Hierro Fresh Foam New Balance mardi dernier. Cela voulait dire que j’allais les tester pour la première fois le matin de la course. Et il faut avoir vraiment confiance. Mais honnêtement, je savais que je pouvais les prendre. D’abord, parce que je connais bien la technologie Fresh Foam et les chaussures New Balance. Je ferai un compte-rendu de cette chaussure plus tard quand je les aurais testées sur du long terme. Toujours est-il que je n’ai pas été blessée ou avec des ampoules. Aucune douleur et surtout une super accroche.

Le départ des 30 km de l’Ecotrail

Comme le départ du parcours 30km a lieu à 10h, c’est bien. Cela nous laisse le temps de nous réveiller pas trop tôt et de partir à 8h20 de la Gare Montparnasse. D’ailleurs, sur le carnet de route, toutes les indications étaient inscrites. Bien pratique pour les débutants ou ceux qui sont plutôt têtes en l’air.

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Alors, c’est très simple. Il suffisait de suivre la foule. Dans le train, je rencontre Julie de Mangetesgraines. Elle avait déjà fait le 45 km l’année dernière et me donne plein de conseils. Arrivée à Bellevue, il suffisait de suivre les traileurs pour le point de départ. Pour ceux qui n’auraient pas pris de petit-déjeuners, les bénévoles, dans les tentes, proposaient un ravitaillement et de l’eau. Au moins, tu pouvais partir sans crainte et le ventre plein.

Les camions de consignes étaient là mais, comme Julie, j’attendais vraiment la fin avant de retirer mon manteau et déposer mon sac. Il faisait froid et la pluie s’était invitée. Comme par hasard. Et bien dès le début. Ça promettait de la belle gadoue.

En attendant, je vais voir Steve le speaker. Et j’en profite pour papoter. Il assure ! Pour tenir une journée entière pour chaque départ, il faut une sacrée endurance. J’attends Sonia qui ne tarde pas (enfin si) à arriver. Nous déposons notre sac et je garde le poncho sur moi. J’attendrais la dernière minute pour le déposer. Nous nous mettons dans le sas de départ. Et quand je vois des gens en t-shirt, sincèrement, j’ai froid pour eux. J’avais un t-shirt manche courte, un t-shirt manches longues et ma veste anti pluie. J’étais bien couverte mais j’avais oublié les gants. Et c’était bien dommage !

Le départ est lancé.

Nous sommes déterminées à finir. Et certes, nous devions le faire. Ne serait-ce que pour récupérer nos affaires à l’arrivée.

Je ne connaissais pas le parcours et j’ai suivi la foule. Dès le départ, je savais que nous allions souffrir. Sonia me disait : « je n’abandonne pas !  » Certes, j’avais mes New balance mais Sonia a fait une belle petite boulette de débutante : les chaussures. Certes, elle avait des Salomon. Mais pas les bonnes. Elle pensait que cela pouvait convenir au trail et n’avait pas jauger le terrain avant. Elle ne pensait pas que le terrain serait aussi gras. Et dès le début, il fallait faire gaffe. Je l’ai supportée, au sens propre et figuré. Je la tenais pour qu’elle ne tombe pas et ne glisse pas. Les coureurs rapides des vagues suivantes arrivaient.

Sonia s’arrête à un moment. Elle est tétanisée pour descendre. Cela nous rappelle un mauvais souvenir du Raid des Alizés (que j’avais adoré !) : le trail du Mont Pelé où il a fallu la rapatrier. Du coup, je la rassure mais elle continue de trembler. Je sens qu’elle va faillir. Je lui dis clairement que ça va être difficile de continuer et de finir.  » Sonia, on arrête ! ». Et là, elle me répond :  » non, je n’abandonnerai pas.  » Je lis dans son regard de la souffrance mais surtout la détermination. Je décide de la soutenir jusqu’au bout. Elle ne souhaite pas être mon boulet, comme elle dit. Je lui réponds que j’ai 30km à faire et que le temps m’importe peu. À partir de ce moment là, nous savons que nous irons jusqu’à bout.

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Nous avons bravé la boue sous toutes ses formes : liquide, grasse, dure. Certains y ont laissé une chaussure, d’autres glissaient sur les fesses.

Je vous avoue que j’ai adoré cette partie mais comme je voyais Sonia en galère, je ne voulais pas lui dire non plus que je kiffais. Il fallait rester focus ! Je lui tenais le bras à plusieurs reprises pour qu’elle ne glisse pas. Mais avec tout le passage dans la nature, forcément, c’était plus long. Nous n’étions pas les seuls à galérer. Je pensais intérieurement que je viendrais plus souvent dans la forêt pour s’entraîner.

Je vous épargne les kilomètres de boue, les descentes que j’appréciais bien et les côtés bien challenging. Nous étions dans le dernier peloton. Mais ce n’est pas grave. L’essentiel était d’arriver au bout !

Nous avons donc traversé Chaville, Meudon, Marnes la coquette et puis nous arrivons au domaine de Saint Cloud. Entre temps, nous avions rencontré Tessy et Annie, un autre binôme à motiver. Elles n’étaient pas en forme et surtout en avaient vraiment ras-le-bol de la pluie et de la neige qui s’était invitée entre temps.

Enfin, le 20km. C’était mon point de repère. Il faisait tellement froid que je ne regardais pas ma montre. J’étais frigorifiée au niveau des extrémités. Heureusement, que j’étais bien couverte ailleurs.

Le 20km signifiait aussi le ravitaillement. J’avais ce qu’il fallait dans mon sac mais quel bonheur de voir de la soupe chaude. J’ai pris aussi une barre. J’avais tellement froid que je ne pouvais même pas prendre mes barres dans mon sac. Je demandais à un bénévole de m’ouvrir la barre. La soupe me réchauffait aussi. Ça fait du bien.

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À ce moment-là, j’entends la conversation de Tessy et Annie avec un bénévole. Elles souhaitaient abandonner et demandaient à rentrer avec la voiture. Elles étaient prêtes à rendre leurs dossards. Tout de suite, je vais vers elle en leur disant que non, elles allaient continuer. Et avec nous ! Sonia en rajoute aussi pour qu’elles terminent. Nous réussissons à les convaincre et elles avancent avec nous. Ouf !

Quitte à avoir d’autres copines de galères.

Une jeune fille décide de rentrer chez elle. Nous avons essayé de la convaincre mais elle était frigorifiée, en short et t-shirt, portant sa couverture de survie pour se réchauffer. Elle préférait prendre le train. Je la comprenais.

Quand je pense Domaine de Saint Cloud, je pense gazon et chemin plus stable. Et ben non, c’était boue et grosses flaques d’eau. Au début de la course, je faisais attention et puis je me rendais compte que cela ne servirait à rien. Autant mettre les pieds dans la gadoue. Ça ne changera rien. Et dans le domaine, c’était les pieds dans l’eau que nous courrions. Il fallait faire gaffe. Évidemment, les premiers coureurs du 45 km nous dépassaient régulièrement et nous encourageaient. Ils étaient bien rapides.

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Une dernière descente avant de sortir du domaine et là, Sonia commence à respirer ! Le bitume, devant nous, devenait une terre plus connue pour ses chaussures. Il nous reste huit kilomètres puis quatre. À ce moment, nous apercevons deux traileurs du 45 km qui décident d’abandonner et se prendre le train. Sonia insistait pour qu’ils finissent. Mais eux aussi en short et t-shirt, couverture de survie sur le dos, décideront de rentrer. Sur la fin, beaucoup de personnes en hypothermie. Ça fait peur quand même. Notre objectif était de ne pas se blesser et surtout de rentrer dans des bonnes conditions. Entre temps, nous avons emmené avec nous, Émilie, une traileuse seule. Les amis, avec qui elle devait courir, ont annulé à la dernière minute. Elle voulait rester avec nous car « son mental n’allait pas suivre sinon ». Nous l’avons emmené jusqu’à l’île aux cygnes. Après, elle marchait car elle avait un genou douloureux. C’était sympa de l’avoir sur la fin.

Et sur les derniers kilomètres, le paysage parisien nous accompagnait. Pas terrible comme paysage mais c’est le point obligé pour atteindre l’arche d’arrivée. Nous avons passé le Pont Bir Hakeim avec le sourire. Je sentais que Sonia ressentait beaucoup d’émotion. Nous nous approchons de l’arche et je remarque ses larmes. Je souris car je sais qu’elle a tout donné et qu’elle a réussi. Je suis super fière d’elle. Nous franchissons la ligne ensemble et avec fierté, nous allons récupérer notre t-shirt finisher.

Tout ça pour un t-shirt. 😉 Nous l’aurons bien mérité ! J’avais encore mes jambes et cela me rassurait pour le marathon de Paris. Ma dernière sortie longue longue est faite.

Nous retournons vers le stade Émile Antoine. C’était impressionnant de voir ces coureurs congelés. Nous l’étions aussi mais je me disais que finalement, par rapport à d’autres, j’étais bien.

Le temps d’aller chercher nos sacs près des camions de consigne puis retourner dans le gymnase, nous allions presque perdre nos doigts. Impossible d’ouvrir ma veste, je ne contrôlais pas mes doigts. Heureusement que j’avais pris un change. J’allais dans les vestiaires changer de chaussures, mettre un t-shirt et un pantalon propre et remettre mon manteau. Sonia n’avait pas son change et elle le regrettait.

Malgré les conditions dantesques, nous étions ravies d’avoir terminé cette course. L’année prochaine, nous y retournerons et de toute façon, ça ne peut pas être pire.

À bientôt,

Nadia

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Runneuse, hyperactive et parisienne, je profite de la vie comme il se doit! J'adore partager mes aventures sportives et parfois moins sportives.

3 commentaires sur « Mon Ecotrail 30km 2018 : des conditions dantesques »

  1. Super Nadia pour ta course et bravo d’avoir soutenu d’autres coureuses ! J’étais sur le 18 et j’ai eu un avant goût des conditions climatiques que vous avez dû subir! Au finish à Saint Cloud il nous manquait vraiment un endroit pour se mettre à l’abri et se changer car on avait très froid. Bonne continuation en tout cas dans tes futurs défis 😉

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