L’Issy Urban Trail (de nuit) 2018

Quand tu ne veux pas laisser ta copine Sonia partir toute seule sur une course, tu te dévoues pour l’accompagner.

Et je me suis dévouée. J’avoue qu’ à 18h, je ne voulais pas trop y aller. J’étais bien dans mon lit douillet. Surtout que j’avais fait une bonne séance de méditation d’une heure dont 15 mn avec ma fille. Et cette dernière me demandait de lui faire un massage. Vous imaginez l’ambiance zen et reposante dans la maison en train de regarder la pluie qui tombait.

Et pourtant, j’avais promis, j’y vais. J’avais rendez-vous chez Sonia pour partir avec elle en voiture. Elle a eu la délicatesse d’aller chercher nos dossards et ça me fait plaisir. Nous voilà prêtes ! Bon, en général, à cette heure, je suis plutôt dans ma chambre à me poser ou à lire. Motivation pas au top pour partir. Le matin même, je partais courir avec des amis runners en l’honneur de notre ami Laurent, décédé cette semaine. Cela nous a fait un choc à tous. Nous avions envie de nous retrouver pour penser à lui ensemble. Une douce pensée à ce garçon formidable.

On fait notre check-list habituelle de course et je m’aperçois que je suis encore en pilotage automatique. Effectivement, je n’avais pas chargé ma lampe pectorale. C’est un peu dommage pour une course nocturne. Heureusement que Sonia me fait la remarque avec sa délicatesse incarnée : « Nadia, mais tu es un boulet ! »

Comme c’est elle qui s’occupait de récupérer les dossards, je ne savais rien de cette course. Bon, et les ravitaillements ? « Euh. Non, Nadia c’est en autosuffisance » Ah ok. Évidemment, je n’avais pas apporté ma bouteille d’eau. Comme Sonia en avait pléthore, elle m’en prête une.

Je n’avais pas non plus pris mes épingles car je pensais qu’elles étaient données avec le dossard. Aucune inquiétude, Sonia en a un pot bien rempli.

Je crois qu’on est enfin prêtes. Le temps de récupérer la voiture et nous arrivons vers l’île Saint Germain. On remarque déjà les traileurs de nuit équipés de frontales. Il fait frais et il pleut mais peut importe, on la fera.

Comme je ne suis pas habituée à courir de nuit, je rechigne à faire le 15km.

« – Sonia, on est en avance et on peut prendre le départ du 10km.

– No way. On ne se déplace pas de loin à moins de 15km.

– Ok. »

On n’est pas très nombreux mais ça va. C’est agréable aussi d’être en petit comité. Sonia me dit qu’elle reconnaît un coureur. Je regarde et effectivement c’est notre ami Francois, tri athlète émérite. On discute. On papote ! On se remémore notre triathlon de Cannes et mon fameux accident de vélo.

C’est sympa de revoir des têtes connues. Et il y en a eu peu. Déjà, en tant normal, je n’en aurais pas reconnu mais de nuit c’est encore pire.

Tous avec une frontale, je trouvais que le départ avait une fière allure.

21h30. Le départ est lancé. Comme pour les courses, je vois des coureurs se ruer vers le parcours déjà bien boueux. Je reste près de Sonia. Partir ensemble et revenir ensemble, tel était notre credo.

Je suis dans le flou absolu quant au parcours. Déjà, je ne connais vraiment pas bien Issy-les-Moulineaux. Mais alors de nuit, je me dis que je n’ai plus qu’à suivre. Le parcours fut modifié apparemment à cause des inondations mais de toute façon, je ne l’avais pas consulté. Comme c’est mon premier Issy Urban Trail, je voulais découvrir et avoir la surprise du parcours. Et bien, je l’ai bien été. Je suivais vraiment le parcours sans savoir où j’étais. C’était une sorte de liberté que je m’accordais.

Courir la nuit sans savoir où l’on va et où on est.

Très vite, j’éteins la frontale car finalement on passe vers un parcours bitumé et lumineux. J’en aurais besoin par la suite quand nous serons dans le parc.

En attendant, on longe la Seine et on arrive à la fameuse première côte ! Wouah ! Je la connaissais celle-là. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas faite. Je l’avais oubliée d’ailleurs. Sonia me regarde et me dit : « niet ! Je marche. « On marche tous d’ailleurs. On sent les cuisses qui nous brûlent, le souffle plus rapide. J’essaie de pratiquer la cohérence cardiaque (très en vogue sur les réseaux en ce moment). En gros, tu inspires sur cinq temps et tu expires sur cinq temps.

Il fait froid mais sur les côtes, tu te réchauffes bien vite ! Et elles nous paraissent interminables. Oui, nous sommes encore des routards et le passage vers le trail arrive progressivement. Enfin, nous sortons de cette côte. Et ce n’était que la première. Je ne pensais pas que cette ville était aussi dotée de côtes.

Nous avançons tranquillement. Je sais très bien que mon point faible reste les côtes. Il va falloir que je travaille tout cela d’ailleurs.

Nous grimpons et sincèrement c’est super bien indiqué et nous côtoyons des bénévoles qui ont toujours un mot gentil et c’est agréable. C’est drôle de voir les passants habillés et prêts à sortir. Les appartements et les maisons sont éclairés, c’est limite si on pouvait s’inviter. Les coureurs du 30 km nous rattrapent et nous encouragent. Je trouve cela super. Non, seulement ce sont les premiers et ils sont là à nous motiver et nous impulser de la bonne humeur. Hyper fairplay. Oui, ok, nous nous disions quand même que ça fait mal à notre ego de voir le premier nous dépasser. #tortuesdesvilles

A un moment, on se retrouve tout en haut sur une terrasse géante. Apparemment, ce serait le point culminant de la ville. Je regarde à peine ma montre. Je cours au feeling. Et qui dit point culminant dit descente. Et forcément, c’est ma partie préférée. Telles des cabris des villes, nous descendons les rues à (presque) vive allure.

Nous arrivons dans un parc sombre. Et là, j’avoue que j’ai expliqué à Sonia que j’avais peur.

« – Peur de quoi ?

– Peur de me faire agresser.

– Pour une fois que tu peux courir en toute sécurité, de nuit à Issy, c’est bien maintenant. Ça craint rien Issy. »

Elle me rassure et nous continuons notre parcours sur un chemin boueux. Ça tourne, ça fait des boucles. C’est vraiment une autre sensation que de courir de nuit.

Je perds ses repères, je suis plus concentrée mais en même c’est tellement cool de se retrouver sur ce parcours. Même si nous sommes toutes les deux hyper bavardes, nous avions nos moments calmes, nous nous comprenons sans avoir besoin de parler.

Nous arrivons vers le Hall et nous regardons les coureurs qui ont déjà terminé leurs courses. Ça fait drôle d’arriver dans un gymnase avec une arche au milieu. C’était la première fois que je voyais ça. Et tout le monde autour qui te regarde arriver, l’organisateur qui appelle ton nom. On se félicite avec Sonia ! C’était vraiment une super course. Sans chichi sans rien. Nous n’étions que 780 au départ des 15km.

Il y avait beaucoup de parcours dans la ville et le bitume mais c’était vraiment bien.

Le ravitaillement à l’arrivée est classique et les jeunes bénévoles sont adorables. On sent qu’ils font partie du club de triathlon d’Issy-les-Moulineaux.

Sincèrement, nous recommencerions bien l’année prochaine.

Belle journée,

Nadia

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Runneuse, hyperactive et parisienne, je profite de la vie comme il se doit! J'adore partager mes aventures sportives et parfois moins sportives.

2 commentaires sur « L’Issy Urban Trail (de nuit) 2018 »

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