NEW-YORK – Depuis quelques mois, je me prépare avec la team New Balance. Evidemment, l’annonce de ma participation fut une immense joie. Recourir le marathon mythique ! Cela fait déjà une semaine et j’ai encore la chair de poule et un grand sourire, rien que d’y penser.

Ce fut un superbe voyage avec New-Balance, nouveau partenaire sportif du Marathon de NYC. 

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Après des mois d’entrainements, le jour J s’approchait. Et c’est avec des yeux qui brillent que j’allais voir NYC. Je savoure tout le travail effectué et c’est toujours avec le sourire que je venais aux Etats-Unis.

Le temps de prendre l’avion. Mes affaires sont prêtes. J’avais sorti ma précieuse liste pour ne rien oublier surtout pas mes antibiotiques, (un horrible abcès dentaire apparut un jour avant le départ). Au pire, je savais que je pourrais trouver tout ce qu’il me fallait à NYC.

A l’aéroport Charles de Gaulle, j’observais la file des coureurs qui s’allongeait. Ils attendaient de valider leur billet. Je reconnaissais facilement les marathoniens à leurs baskets et sacs à dos. Pour passer le temps, J’observais. J’avais hâte d’être à NYC. Revenir après deux ans, comme si c’était hier. Revenir pour retrouver l’émulation et l’ambiance énergique de la ville. Bien évidemment, j’étais inquiète après l’attentat de la veille. Je recevais des coups de fils et des messages. C’est stressant. Forcément, je pense sécurité et attentat. Mais en même temps, je continue de vivre et de profiter de chaque instant. Chaque moment est précieux.

Pour ceux qui ont le temps, vous pouvez voir ou revoir mes stories Instagram à la fin de mon compte-rendu.

Perfect Harmony

New -York reste une de mes villes préférées et j’aimerais passer beaucoup de temps sur place. Un jour peut-être. Elle dégage une telle belle énergie comme celle de mon huitième marathon, mon second à NYC.

Un moment magique et incroyable. Non, je ne serai jamais blasée de courir. Jamais.

Faire partie de la Team New Balance, c’est aussi la possibilité de trouver un groupe soudé depuis quelques mois et de s’entraider.

LE JOUR J

Lever à 3h30 du matin. Avec le décalage horaire, impossible de me coucher. Je reçois des messages de mes frères qui étaient eux aussi. Mes affaires sont prêtes depuis la veille. Avec le changement d’horaire à NYC, par prudence, je demandais à la réception de me réveiller à 4h30. Ce serait dommage de rater le départ à cause d’un changement d’horaire.

5h30. Nous avons rendez-vous à la réception avec les équipes internationales de New Balance. De quoi remplir un bus entier. D’ailleurs, tout est chronométré hyper bien organisé. Après 45 minutes de bus, nous arrivons vers le départ. L’excitation et le stress montent mais redescendent aussitôt. Quand tu es avec un groupe, tu peux te lâcher et rigoler. Ça détend l’atmosphère et surtout on passe le temps. Après le sas et la sécurité, nous sommes accueillis dans la grande tente VIP. En gros, c’est comme une fin de soirée de mariage : des coureurs s’assoupissent sur la table, entre les bagels et les barres, ou par terre. Certains font des étirements et d’autres se coiffent. D’ailleurs, j’ai demandé à une jeune fille de me faire des tresses collées, ce qu’elle a fait avec plaisir.

Coach Gwen accompagne Tayeb jusqu’au départ qui partira en premier. Il revient pour courir avec nous. Nous sommes dans la dernière vague et il va falloir ruser pour être ensemble car tous nos sas sont différents.

Le départ

Une petite annonce et nous avons 15 minutes pour accéder à nos sas. Maël, qui court son premier marathon, possède un dossard pour le sas orange. Nous avons des dossards bleus. Pas grave, je lui dis de me suivre et on rentrera avec les autres. Sinon, ce n’est pas cool de le laisser partir seul pour son premier marathon. Même si je sais que les consignes américaines sont claires. On réussit à tous entrer dans le même sas. Ouf !

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Après la minute de silence pour rendre hommage aux victimes de l’attentat, survenu quatre jours auparavant, l’hymne nationale retentit. Ça donne la chair de poule d’entendre la voix de la chanteuse. Les policiers, les militaires et les pompiers sont présents quand le coup de feu du départ est lancé. Ils t’applaudissent et t’encouragent pour la course. Incroyable de voir cette foule se diriger vers le pont.

La course

Forcément, un marathon demande un entraînement important et j’étais entrainée par Coach Gwen et Coach Phil de Challenge Coach. Je sais que j’ai progressé. Et pourtant, un marathon reste imprévisible. On s’entraîne beaucoup pour cette course. Et parfois, il suffit d’un grain de sable pour verrouiller le système.

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Maël en pleine concentration !

Partir en toute humilité ! Voilà mon objectif. Nous partons avec Coach Gwen, Dominique et Maël. Le coach me dit que je peux faire un temps. Je n’ai pas assez confiance. Je n’ai pas envie de me faire mal et je reste raisonnable. Ce sera pour une autre fois. J’avance avec eux sur le Pont de Verrazano ! Wouah ! C’est quand même impressionnant de se retrouver sur ce pont. Surtout pour moi qui ai le vertige. Nous avons le temps de papoter pendant la montée du pont. Je m’en souvenais bien, ce départ est emblématique.

Les gens s’arrêtent pour prendre des photos. Je l’avais fait l’année dernière mais cette année, je voulais partir avec les copains et continuer le plus possible avec eux.

L’arrivée à Brooklyn me sépare d’eux. Finalement, je vais à mon rythme et je ne veux pas les embêter. Brooklyn et les premiers spectateurs ! Je les entendais déjà depuis le pont mais la ferveur est telle qu’il est inutile de prendre des écouteurs. Vous vous sentez porté(e) par les gens ! Et ce pendant tout le parcours.

Ce matin, j’ai pu récupérer un feutre noir et écrire rapidement mon prénom sur mon t-shirt. Je voulais le faire floquer mais je n’avais pas eu le temps. Et je ne le regrette pas du tout. Les gens m’encourageaient et j’avais l’impression de les connaître. « Go Nadia ! Great Nadia ! Come on !  » Je frappais les mains des enfants et remerciaient les adultes qui hurlaient mon nom.

Je ne vous ai pas dit mais la pluie s’est invitée dès le début. Mais peu importe, nous étions tellement heureux de courir que nous avions occulté la météo. Les cheveux et la tenue trempés, je croisais les doigts pour ne pas avoir des ampoules. Et pourtant, malgré la pluie, je trouvais que les spectateurs étaient vraiment nombreux à partager notre course et à s’égosiller pour nous encourager.

Les panneaux étaient drôles souvent ! Cela faisait patienter pendant la course. Je cherchais les panneaux à lire et qui me feront sourire.

Arrivée au 10km, je m’apprêtais à prendre une barre protéinée mais je m’étais rendue compte qu’elles étaient restées dans le sac de consigne. J’avais faim. Et j’attendais les ravitaillements avec impatience. Or les bénévoles ne servaient que de l’eau ou du Gatorade.

Heureusement que les new-yorkais proposaient des barres chocolatées du type Sneakers ou Mars. Alors, moi qui ai du mal avec ces chocolats, je n’ai pas hésité. C’était ça où je manquais d’énergie. J’avoue que sur le moment, j’ai apprécié ! Ça faisait tellement longtemps que je n’en avais pas mangés. Je prenais des bretzels aussi. Je ne voulais pas non plus me charger le ventre ni avoir des nausées. Je n’ai pas abusé.

Le plus difficile lors de ce marathon restait les F….  ponts ! Ça te casse les jambes et en même temps, c’est ce qui fait le charme de NYC.

Les gens continuent de faire la fête en ton honneur ! Les New-yorkais sont fiers de leur ville. J’attendais de voir les copines sur les côtés mais je ne les ai jamais vues. C’est vraiment dommage. Quand tu vois un visage familier, cela te donne encore plus de force.

Sur un des ponts, je retrouvais une amie new-yorkaise Inès, avec qui j’avais préparé mon premier Marathon de Paris et qui était revenue dans sa ville natale. C’était incroyable ! Parmi les 50 000 (environ), je la retrouvais alors que je ne l’avais pas revue depuis 5 ans !

Je tentais de suivre plusieurs personnes sur le parcours. Je m’inventais mes propres lièvres. Si je les dépassais, j’en trouvais d’autres. Je faisais passer le temps.

Et là, au 27km, une petite pointe me lance sur la fesse droite. Oups ! J’ai mal et je me mets à marcher. Même en marchant j’ai mal. Je souffle et je me dis non, pas maintenant ! Je ne voulais pas m’arrêter. Je l’ai fait. Je me masse pour faire passer la douleur. Une douleur qui partira au trentième kilomètre. Je continuerai ma route en tenant bon et en priant que cela ne revienne pas. Ouf ! Rien de grave ! Je décompose le reste de la course. 10km et 2km. Cela me rassure !

Arrivée dans le Bronx puis Manhattan, je continue d’entendre la ferveur et le bruit des spectateurs. Je n’ai jamais vu cela ! Je suis littéralement transportée. Je comprends aussi que certains puissent sentir la pression. Tu ne peux pas t’arrêter devant tout ce monde qui est resté pour toi. C’est mon moment ! J’ai l’impression de voler et de me sentir forte. Je continue de sourire ! Vraiment. Je savoure ce moment d’être ici et là. J’envoie un message à Claire de New Balance qui voulait savoir où j’étais. J’arrive, j’y suis presque. Accompagnée de la Team qui a couru la veille les 5 km Dash to the Finish Line, ils sont prêts à m’encourager sur la ligne d’arrivée.

Je commence à fatiguer quand on arrive vers Central Park. Ce n’est pas plat du tout et je tiens ! J’adore voir ces enfants que le bas-côté qui te lancent des bisous pour que tu ailles plus vite. Je pense aux miens qui me donnent de la force. J’avais promis que je leur apporterai la médaille ! Je le ferai. Je les amènerai à NYC un jour pour qu’ils puissent vivre ce que je vivais. Un moment magique.

Je savais que j’allais le finir mais je voulais aussi le finir dans un bon état. Il me reste le plaisir de le courir et de ressentir cette force intérieure pleine de vie. Du plaisir avant tout.

La dernière ligne droite arrive : je tiens bon, je vois les coureurs marcher et sincèrement, je me faufile en maudissant ce faux plat vers Columbus Circle. Je préviens Claire par sms. J’arrive tout de suite. Je revois cette montée vers l’arrivée avec les drapeaux de tous les pays (ou presque ). Je cherche Claire mais je ne la trouve pas.

Puis, j’entends « Nadia, Nadia  » ! Je regarde à ma gauche et je les vois en train de m’encourager ! Ça fait vraiment plaisir de les voir.

Je savoure le passage de la ligne d’arrivée avec un grand sourire ! J’ai une pensée pour mon papa qui aurait été très très très fière de moi ! Je récupère ma médaille ! Je suis fière de pouvoir finir.

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Je vais récupérer mon sac dans la petite tente et là je retrouve mes acolytes du début ! J’étais tellement fière pour Maël qui termine son premier marathon ! Et pas n’importe où à NYC !

On se félicite et on repart tous ensemble vers l’hôtel pour rejoindre les autres coureurs de la Team ! Wouah ! Quelle course ! J’en ai encore les yeux brillants après une semaine.

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Je remercie sincèrement toute l’équipe de New Balance, Claire et Stéphane pour l’accueil et la bonne ambiance, mes coachs Gwen et Phil pour leur patience, Tayeb et Maël (j’étais un peu leur nounou 😉 ), la Team New Balance qui a assuré : Olivier, son épouse et sa fille, Cédric, David, Manu, Magali, Michel, Dominique et Laurent.

Merci à FredGlobal, Marion et Tess pour leur organisation et leur confiance !

Merci à mes frères qui ont fait la surprise de venir me voir et de courir le marathon.

Un marathon ne s’improvise pas. Je garderai toujours un superbe souvenir de cette course mythique. Je sais que je reviendrai un jour.

Vous pouvez aller lire le compte-rendu de Tayeb, le geek sportif sur son blog.

A bientôt,

Nadia

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