Un jour, j’avais partagé un tweet dans lequel j’expliquais que je n’aimais pas Octobre Rose. Pour moi, ce mois est l’occasion pour voir ressurgir beaucoup d’articles ou de documentaires voire des marques qui se lancent sur cette niche pour vendre et offrir 1€ pour le cancer du sein.

Je vous avoue que je suis mal à l’aise avec cette partie de ma vie.

À chaque fois, je passe outre. Je n’aime pas les courses dites roses. J’ai toujours voulu courir des courses comme les autres avec les autres. C’est ce que je faisais pendant ma chimio et j’ai continué à avoir une vie normale sans être cataloguée avec ce point Rose sur le front. C’est très personnel et non, je n’aime pas les courses roses car cela me stresse et me mets dans des états émotionnels difficiles et incontrôlables. Je mets beaucoup d’énergie à oublier cet épisode de ma vie.

Et là, chaque année, cet Octobre revient me hanter avec cette vague rose.

Et pourtant je comprends cet engouement. Il en faut pour récolter des sous et permettre de faire avancer la recherche.

Et pourtant, je suis très consciente qu’il faut parler de cette maladie, qu’elle ne soit plus tabou, qu’on parle prévention. Mais j’ai du mal.

Je rêve d’un monde où tous les mois seraient Rose, Bleu ou de toutes les couleurs.

J’en ai les larmes aux yeux quand j’écris cet article. Malgré ce côté hyper fort et enthousiaste que j’ai, la simple évocation de mon cancer me retourne et me bouleverse. C’est pour cela que j’en parle rarement parce que je n’en ai pas envie. Certains de mes ami(e)s savent et connaissent mes questionnements.

Cela faisait trois ans que je devais participer à Odyssea. Trois ans que la migraine me cloue au lit pour m’empêcher d’y aller. Comme si mon corps refusait et n’était pas encore prêt. Et cette année, j’étais barbouillée avec des nausées. Je me suis engagée à venir et je suis venue. Mais je ne me sentais pas bien du tout. Retrouver mon ami Guillaume pour courir ensemble me redonnait le sourire. Je ne voulais pas affronter cette vague rose toute seule. Je savais que j’avais des amies qui participaient mais je ne savais où elles étaient. Impossible de les joindre.

C’était beau de voir toutes ces personnes motivées qui couraient pour d’autres, qui avaient des collectes pour la recherche. Et je me suis lancée sur la course avec le sourire.

A un moment, sur le parcours, j’ai vu une femme qui était en pleine chimio apparemment. J’ai senti les larmes qui montaient en moi. J’avais l’impression de me retrouver en face de moi-même. Cela m’évoquait les multiples séances de chimio et de radiothérapie qui n’en finissaient pas. Jamais je n’avais couru comme cela ! Je n’avais qu’une envie : la finir et au plus vite. Guillaume faisait le lièvre pour me pousser un peu. Je ne regardais pas ma montre.

Je terminais. Je voulais partir mais avant je voulais dire au revoir à certaines journalistes. Et je rencontre Anne-Laure, d’Aufeminin.com qui me demande comment s’est passée ma course. Je la regarde et les mots ne sortent plus. Les larmes oui. Je m’effondre. Elle me prend dans ses bras et me rassure. J’ai honte de pleurer devant les gens. Ce n’est pas l’image que j’ai envie de donner. Et pourtant, si j’ai craqué, c’est que cela devait sortir. Anne-Laure m’expliquait qu’elle voulait faire cette course pour qu’on se mobilise tous pour la recherche. Ses mots m’apaisaient. Je me reprenais. Je suis repartie avec le sourire et ma musique dans les oreilles ! Je cogite trop. C’est incroyable.

Je me disais que j’avais de la chance de pouvoir profiter de ma vie, de courir, de faire tous ces challenges, d’aimer, de faire un métier que j’adore. Sans compter tous les projets que j’ai en tête et que je souhaiterais finaliser.

Voilà, je suis humaine et j’ai des moments plus vulnérables que d’autres. Je reste une femme authentique. Quand je ris, je ris vraiment. Quand je suis heureuse, je le suis sincèrement. Pas d’artifice que ce soit sur le blog ou sur mes stories. Je suis moi. Tout simplement.

Édit du 24 octobre.

Il fallait que je passe outre cette journée. J’aime bien les nouveaux départs. Début de semaine, on passe à autre chose. Les émotions de ce week-end étaient trop intenses mais finalement elles étaient présentes. Je suis allée courir avec mon amie Sonia en fin d’après-midi et cela m’a fait un bien fou de papoter et de dire n’importe quoi.

Finalement, ce coup de blues lors de la course Odyssea me permettait de réfléchir et de retrouver le sourire. Quel paradoxe ! Eh oui, je suis une femme de paradoxes. Il faut me suivre.

Et la semaine suivante m’apportait beaucoup de belles nouvelles. Histoire d’un beau karma. Entre mon collier perdu (cadeau de naissance de ma fille) que je retrouvais, un concours gagné par ma classe, une interview, un Marathon à NYC avec une équipe formidable et qui te donne des ailes et beaucoup d’amour autour de moi, je ne pouvais que sourire et apprécier la vie.

Je la referais cette course et chaque année d’ailleurs pour me sentir encore plus forte et parce qu’on est essentiel de parler de cette maladie qui touche des hommes et des femmes.

En étant influenceuse (on est tous l’influenceuse/eur de quelqu’un), si je peux donner un conseil : la prévention est ce qui m’a sauvée la vie. L’auto-palpation ou un tour chez le/la gynécologue est primordial !

Et on garde le sourire ! 😉

Bises,

Nadia