Lorsque j’écris ou je poste mes photos de sport, je m’adresse à tout le monde. Et pourtant, souvent, j’ai envie de ne parler qu’aux femmes, de leur dire de quoi elles sont capables. Et nous sommes capables de beaucoup.

Je pense aussi à celles qui ne peuvent pas ou n’ont pas l’occasion de faire du sport, aussi bien des femmes malades, celles qui n’osent pas ou les femmes à qui on ne permet pas de pratiquer un sport.

Un peu de moi…

Je me souviens que petite, j’allais dans le club de boxe de mon quartier, j’accompagnais mon petit frère. Ma maman croyait que j’accompagnais ce dernier à son cours et que je le surveillais. Pendant ce temps, je m’entraînais aussi. En cachette. C’était physique et j’avais beaucoup trop de colère et d’énergie en moi. J’avais besoin d’extérioriser mon trop-plein de dynamisme. Et Jean-Hervé, mon entraîneur, me laissait boxer avec les garçons. Pas de compétition pour moi. Eh oui, à l’époque, il n’y avait pas assez de filles pour les combats. Et j’avoue que je n’aurais jamais su comment le dire à mes parents. « Coucou, maman, je m’en vais faire un combat. » Chez moi, c’était impossible. Mon éducation ne le permettait pas. J’avais le choix entre étudier ou apprendre à cuisiner pour m’occuper de mon futur foyer. Mais mon père avait compris que les études me mèneraient plus loin que de m’occuper d’un éventuel mari. Fort heureusement.

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J’étais aussi inscrite pendant les vacances à l’U.S.G (Union Sportive de Grigny). C’était gratuit et je pouvais faire du sport toute la journée. J’emmenais mes petits frères faire du sport avec moi. Au moins, j’avais l’excuse de les garder, de faire du sport et de laisser maman tranquille. On pratiquait tous les sports : baskets, natation, volley, football, rugby et autres jeux collectifs. Je retrouvais mes amis et honnêtement, c’était vraiment sympa. D’ailleurs, par la suite, je suis devenue animatrice sportive à l’U.S.G. À mon tour d’organiser les événements et les tournois, de m’imposer auprès des ados qui étaient physiquement plus grands que moi. Et le respect était présent. 

Je regardais déjà les sportives à la télé et je les suivais comme je pouvais. C’était surtout lors des jeux olympiques que je découvrais ces athlètes. Mes copines et moi voulions alors toutes leur ressembler d’ailleurs. Elles dégageaient déjà ce rôle modélisateur.

Bref, à l’époque, il n’y avait déjà pas beaucoup de filles dans les clubs que je côtoyais. Je faisais partie des rares filles sur le terrain.Aujourd’hui, je me dis que les filles ont tout de même beaucoup gagné sur le terrain sportif. Ce n’est pas assez certes.  Même s’il y a encore beaucoup de travail à faire, on est sur la bonne voie et j’apprécie. Et ce sera une priorité pour beaucoup que ce soit dans les médias ou tout simplement dans la vie de tous les jours.

À l’école, dans ma classe, j’invite aussi les filles à pratiquer tous les sports et à être aussi compétitrices que les garçons ! Lors d’une récente compétition de handball inter-école, je devais faire les équipes par niveau. Aucune fille ne levait le doigt pour jouer dans le groupe 1, le meilleur groupe. Et j’avais remercié A., ce jeune garçon de 10 ans, qui avait insisté en disant que Z. (une élève) jouait « super bien ! ». J’observais et j’appréciais le cheminement de ces filles qui, enfin, levaient le doigt pour être dans le groupe 1. Et c’est pour cela que j’aime ma classe : ils ont compris que, ensemble, on pouvait faire beaucoup de choses. Que ce soit du handball, du yoga ou de la plongée subaquatique, les élèves sont capables d’apprécier le sport tout simplement. 

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Et même dans la cours de récréation, j’avais proposé aux garçons d’intégrer les filles pour les parties de foot ou de balle américaine, sinon je retirais le ballon. J’avoue avoir été quelque peu directive. « Vous choisissez : le ballon et les filles ou pas de ballon ». Bien sûr, en amont, cela a fait partie d’une discussion et de débats que nous avons eu dès les premiers jours. Et fort heureusement, car ils ont bien compris le vivre ensemble. Et même sans ballon, ils jouent à chat ou à d’autres jeux, ensemble.

Quand je parle de leurs ambitions sportives, certaines élèves m’expliquent qu’elles ne sont pas motivées en dehors de l’école. Je suis étonnée du peu de filles inscrites à un club et qui ne pratiquent le sport qu’à l’école. Je leur raconte mon histoire et je leur montre toutes mes médailles (en toute humilité) en leur expliquant qu’à n’importe quel âge, on peut bouger.

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J’ai tout de même deux futurs champions dans ma classe, on en reparlera dans quelques années. Ils seront à point pour les J.O. De 2024. À Paris. On croise les doigts.

Bref. Tout cela pour vous dire que la deuxième édition des 4 saisons du sport féminin est lancée, à l’initiative du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Elles se concrétisent par quatre temps forts :

  • La médiatisation du sport féminin : 11 et 12 février 2017
  • Je réfléchis sur le sport féminin : avril 2017
  • Je pratique sur le sport féminin : dernière semaine de septembre 2017
  • Je fête le Sport au féminin : décembre 2017

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On espère que les valeurs du sport féminin seront relayées dans les régions et dans les médias. 

A bientôt,

Nadia