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« Tu as fini ta course en combien de temps?  » « Nan, mais si tu fais un Marathon en plus de 4h30, ce n’est pas la peine de le faire ».

Et encore, je vous épargne le reste des remarques que l’on peut faire à un(e) coureur/euse appelé(e) communément une tortue. Personnellement, je le suis et j’ai beaucoup perdu en vitesse et je me retrouve dans ces cas. J’avais juste envie de dire : « So what !  » En anglais, ça sonne mieux !

Mais oui pourquoi dévaloriser ces coureurs/euses qui ont aussi des objectifs ambitieux et qui feront tout pour les atteindre. Être lent(e) ne signifie pas être nul(le) bien au contraire, cela veut dire  persévérant(e), tenace et humble. Qualités qui pourraient manquer à certains, surtout l’humilité.

Heureusement, il y a de la place pour tout le monde. Et on le voit dans les sas. On est tous le plus lent de quelqu’un. Sauf pour les Kényans et Usain Bolt. Et encore sur un marathon, ce ne serait pas non plus le plus rapide.

Le plaisir de courir.

Après avoir posé la question dans le groupe IGrunneuses (groupe que je gère avec Lou), j’ai remarqué ô combien ce sujet était sensible. Beaucoup de remarques et de réponses. J’ai senti que cela concernait beaucoup d’entre nous.

La question principale était de savoir pourquoi on se considère comme une coureuse / un coureur lent,(e),  à partir de quelle allure et  si on avait déjà dû endurer les critiques des autres coureurs.

On est toujours le/la plus lente de quelqu’un. 

Vous ne connaissez pas le passif d’un coureur alors n’allez pas critiquer en ruminant :  » tu as vu le temps qu’il/elle a fait ? Ridicule, nan? « C’est bon, tu t’es regardé le nombril ?  Et c’est à ce moment-là que tu te fais tout petit(e) parce que les autres sont en train de jubiler de leur chrono de fou furieux et que toi, tu te ravies de ton petit record.

Même si certains ont la dent dure envers les coureurs lents, les remarques peuvent être très vexantes voire humiliantes. Heureusement, ce n’est pas la majorite des coureurs. Et je me rappelle très bien de l’humilité et des encouragements de copains ( n’est-ce pas Anis, Guillaume, Greg et les autres… ) qui courent deux fois plus vite que moi et je les remercie sincèrement.

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On cherche tous à progresser et aller plus vite. Certes, ce sera à notre rythme mais on y arrivera. Certain(e)s, en revanche, se complaisent dans le statut de coureur lent et auront autant de plaisir que les premiers à courir pour le plaisir et le challenge.
Tout est relatif, selon l’âge, le sexe, le type de course et l’état de santé de la tortue. Bref, son passif.

Quand je parle de passif du coureur, c’est que certains prennent des médicaments, comme moi, qui m’empêche de courir comme je le souhaiterais. Mais après, je fais avec et je ne me cherche pas d’excuses. d’autres sont malades, certains aimeraient perdre du poids, d’autres viennent de se lancer dans la course à pied. Bref.

L’essentiel est de courir.

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Être positive 

Même si vous voyez défiler les records et des chronos incroyables sur les réseaux sociaux, ne vous dénigrez pas. Je les félicite même car honnêtement j’admire les performances des plus rapides. Nous n’avons pas à culpabiliser ni même à être jaloux : chacun ses capacités.

Pas de compétition avec les autres, bien au contraire mais avec vous-même. Certes, il faut garder en tête le plaisir.

Pas de pression et puis on n’est pas obligé de faire des chronos à chaque fois. 

Et si on n’arrive pas à progresser?

Tant pis, on continue de courir comme on le souhaite. On continuera à voyager pour courir le monde et à rencontrer de nouvelles personnes. Et puis c’est beaucoup mieux que de rester sur un canapé. On reste actif et c’est l’essentiel.

Ne laissez pas les tortues dans un coin

Je trouvais par ailleurs qu’il n’y a pas assez de groupes pour les coureurs lents. Beaucoup de groupes consacres aux élites, à ceux qui vont super vite. Les autres tombent aux oubliettes et c’est bien dommage.

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Les fast runners avec même un champion olympique dans le tas.

D’ailleurs, c’est pour cela que j’ai créé des runs le samedi matin pour les coureuses lentes qui ont envie préparer le Marathon de Paris. Ce n’est pas parce qu’on est lent(e) qu’on ne peut pas se fixer des objectifs. Bien au contraire.

Pas de stress, on aura tous la médaille. 

Quelques conseils aux organisateurs de course 

En revanche sur les courses, la tortue rencontrera beaucoup de difficultés lors de certaines courses :

  • Peur de prendre le départ pour éviter d’être la dernière et se retrouver avec la voiture ou le bus balai.
  • Perte de motivation ou de confiance suite aux « insultes » de certains.
  • Plus rien quand les tortues arrivent aux ravitaillements et plus de médailles non plus.
  • Les barrières horaires sont trop courtes.

Néanmoins, j’ai vu des arrivées de derniers dignes des plus grandes stars. Et le dernier/la dernière était même récompensée pour sa ténacité et sa détermination. J’admire cela !

Rien ne sert de courir, il faut partir à point – Jean de LaFontaine

Voilà, j’espère que vous regarderez les tortues avec un autre oeil.

A bientôt,

Nadia