Ah quel rêve! Je savais que j’allais passer une nuit minable mais à ce point là! Mais peu importe, j’étais prête. Prête à fouler les ponts et les quartiers du parcours, à embrasser la foule et à sourire. Prête à souffrir aussi parfois. 

Vous connaissez l’histoire de la fille qui sautille partout et qui n’arrête pas de parler? Eh bien ce fut moi avant, pendant et après!

La veille

Côté alimentation, je m’étais dit que j’allais faire cuire des pâtes et manger mon gatosport. Et puis c’était sans compter par la complexité de la gazinière américaine. Mais comment utilise-t’on ce truc?

Bon, je n’avais pas du tout envie de faire exploser la maison, j’ai renoncé. Je voulais alors appeler un restaurant pour me faire livrer des pâtes. Mais le téléphone ne la maison ne fonctionnait pas.

Bref, je suis descendue m’acheter du riz en sachet et en pot pour le dîner et le petit déjeuner histoire d’avoir un truc dans le ventre quand même. Heureusement que le micro-onde fonctionnait bien.

Adieu pâtes et Gatosport sans gluten! 

J’étais réveillée. Il était tôt. Très tôt. 3h du matin. Je tournais et me retournais dans min lit. Mes affaires étaient prêtes. J’avais le total look grunge avec quadruple couche et sweat à capuche. Un vrai petit Bibendum!  Ce qui est bien ici est que personne ne regarde comment tu es habillée, personne ne te juge. Et puis il faut dire que nous étions le lendemain d’Halloween et qu’il restait encore quelques bribes dans les rues.


J’arrive à Whitehall pour rejoindre Laetitia et Renaud et prendre le ferry. Des chiens policiers sentent nos sacs. Sécurité et organisation optimales!

Pendant le trajet, on essaie de se détendre comme on peut. On se filme, on prend des poses version zen. Alors que nous ne le sommes absolument pas. Et ca se comprend.

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On suit le mouvement et c’est juste excitant! Je parle beaucoup et je crois que j’ai bien saoulé Laetitia et Renaud, des êtres dotés d’une patience incroyable. J’étais hyper nerveuse.

TCS NYC Marathon

On marche un peu pour prendre le bus. Et oui, c’est quand même long. On fait la queue pour monter et on se retrouve assis au fond du car. Avec des italiens sponsorisés par Puma. Mama mia, on a bien ri. On est parti sur un délire! J’ai des photos mais j’ai interdiction de les publier, hein Laeti! Mais ca nous a fait vraiment du bien. On avait besoin de penser à autre chose.

Juste à la descente du bus, on fait face à des tables de vérification des sacs. Aucun sac à dos n’est toléré dans l’enceinte du village. Que des sacs en plastique et transparents! On avance et on arrive vers les villages. Effectivement, selon le départ, tu es dans la vague bleue, la vague orange.

Laetitia part avant moi et je me retrouve seule avec d’autres coureurs. J’en profite pour m’allonger sur un matelas gonflable plutôt propre. J’ai les yeux qui piquent!

Et puis j’entends l’annonce en anglais, français, italien et allemand. » Cest l’heure de partir les enfants, il faut se rendre à l’abattoir, et en musique svp! » Enfin c’était presque comme ca.

Les gens suivent, disciplinés. Je garde encore ma couverture de survie, j’ai un peu froid quand même. Je discute avec tout le monde. D’ailleurs, quand tu dis que tu viens de Paris…

« Ah tu viens de France? So great! So Amazing! Ah de Paris? I LOVE this city! Tu es venu que pour le marathon? Euh oui et pour rapporter des M&Ms au peanut butter aussi. Oui, je sais j’ai voulu me la jouer en disant que je venais de Paris. Et là, tu te rends que ce marathon est ultra international! J’adore cette ambiance!

On avance vers la ligne de départ.

Je me filme pour avoir mes impressions. Pas la chance d’avoir un cameraman avec moi, je fais donc avec les moyens du bord. Mais je garderai les vidéos pour moi ou alors un soir, rongée par l’alcool (oups, je ne bois pas), je vous montrerai le montage (activité fortement improbable)! Bref, j’ai à ce moment-là un gros tic de langage!  Je n’arrête pas de répéter : c’est génial, c’est génial!  » 😂 Une vraie gamine!

Et juste avant le départ, l’hymne national retentit. Les gens se taisent. Ce silence et cette musique me filent des frissons. Je sens que le départ est imminent. Je retire ma veste et le coup de feu retentit!

Start

TCS NYC Marathon

Je vois ce Pont de Verrazzano et évidemment je le mitraille. Tellement incroyable de vivre cela. J’ai mes écouteurs à ce moment. La musique est prenante et j’avoue que c’est époustouflant!

TCS NYC marathon

Je décide de ranger mes écouteurs pour écouter chaque bruit. Les hélicoptères tournent au-dessus de nous et c’est impressionnant. Les gens profitent de ce pont pour les photos. Pas de spectateur en vue. Normal.

 

TCS NYC marathon

Et lorsque que nous arrivons sur Brooklyn, je sens une ferveur populaire qui ne se lassera pas (sauf au niveau des ponts). C’est absolument incroyable. Vous comprendrez que mon compte-rendu sera constamment parsemé de superlatifs aussi grands que les States.

Et avec un t-shirt avec mon prénom, j’avais vraiment l’impression d’être une star. Et pourtant ce n’était pas du tout le cas. Au début, quand quelqu’un m’appelait, je me retournais en me disant que je connais peut-être la personne. Ne sait-on jamais!
Je cours donc sans écouteurs et honnêtement, je n’en ai pas besoin. J’observe autour de moi les déguisements. C’est fou. Une maman encourage la foule avec un panneau « you are my superheroes!  » et son petit garçon déguisée en superheroes tape dans les mains des coureurs!

Et la musique dans tout cela! Des groupes de tout genre avec la B.O de l’Oeil du tigre! Et là, on est prêt à grimper des escaliers. Enfin presque, j’économise mes forces. En effet, dans un marathon, je préfère courir tranquillement au début (et encore plus tranquillement à la fin d’ailleurs) parce que j’ai peur.

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Peur de ne pas finir! Et ca c’est juste impossible car je devais absolument prendre mon avion après mon marathon. Tout était effectivement chronométré.

Peur d’avoir une crise cardiaque. Ma hantise! Même si je vois des médecins très régulièrement. Je suis bloquée de donner plus (et pourtant je sais que j’en suis capable).

Peur de souffrir. J’ai juste envie de profiter de la foule, de l’ambiance.
C’est MON marathon et j’avais vraiment envie de le courir comme je le souhaiter.

Dans le peloton, beaucoup de personnes couraient pour des associations. Même si cela se fait en France, c’est encore light. Une façon d’aider par la course.

Et je remarquais une telle diversité de couleurs, d’âge et de physique. Et toute cette foule avait le même but : obtenir cette médaille.

Après la version Brooklin et sa joie de vivre communicative, nous passions dans le Brooklin calme, le quartier juif. Plus calme et plus placide, ce quartier vivait comme si le marathon n’avait pas lieu. Changement total d’ambiance.

 

Et retour sur le Pont de Queensborough. A ce moment là, je retrouve par hasard, mon amie Tamie avec qui j’avais passé les 3 jours précédents. C’est juste incroyable parmi les 60000 personnes présentes. Je savais qu’elle partait avant moi.

TCS NY MARATHON

Et elle n’est pas trop bien. Elle veut marcher. Je l’accompagne. Elle en profite pour me faire la visite du coin car elle a longtemps habité à NYC. Et on repart, elle me dit qu’elle a vraiment mal. Après le pont, nous arrivons à Manhattan, et jusqu’ici tout va bien. Le monde est encore bien présent et c’est dans les encouragements, la musique et la fête.

Tami s’arrête et a vraiment mal. Je lui propose de lui masser le dos et ensuite elle doit aller à la tente médicale car elle souffre. Je continue sans elle, dépitée. (Je rassure tout le monde, elle est repartie et a fini le marathon).
Le monde ne désemplit pas. Il fait bon, je suis en short et t-shirt et c’est agréable. J’ai été super sérieuse sur les ravitaillements et sur l’eau sauf à un moment. Effectivement, j’ai confondu miles et km, la fatigue aidant. Bref, mais j’ai su gérer. Et les éponges vertes furent aussi bien accueillies à un moment bien chaleureux. C’était impressionnant de voir ce tapis d’éponges vertes.

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Après le 21km, je commençais à avoir assez de courir. J’avais de rejoindre les spectateurs et encourager les copains. J’étais épuisée par le décalage horaire et l’excitation et je tenais sur les nerfs. D’habitude, cela m’arrive vers le 30ème km. Mais là ce fut plus tôt.

Et à ce moment-là, je pense à beaucoup de choses : à mes enfants à qui j’ai promis d’apporter la médaille, à la chance que j’ai de pouvoir courir à nouveau, la chance de pouvoir courir cette course. Et finalement, je m’apaiser. Je me surprends à sourire toute seule, et encore plus quand les personnes crient mon prénom.

Et finalement, je découpe par tranche de 5km. C’est plus facile pour moi. Et sincèrement après ce fut le kif.

Au 30ème km, je n’ai pas ressenti le fameux mur. Faut dire que je n’avais pas tout donné non plus. Ce qui était plus triste, c’était de voir tous ces coureurs sur les côtés, qui avaient mal et qui marchaient comme des zombies.

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Un bénévole proposait de la vaseline pour éviter les frottements entre les cuisses. J’en avais mis plein partout même sous mon soutien-gorge. Et finalement, j’ai pris la cuillère de vaseline. Et j’ai adoré son petit panneau  » ce n’est pas à manger ». Et là, j’étais pliée de rire car je visualisais les gens en train de goûter la vaseline. Beurk!
Arrivée près de l’hôtel Plaza, nous tournons à droite et c’est la ligne droit vers Central Park. C’est mythique! De plus en plus de monde s’agglutinent derrière les barrières. Les policiers font super attention à maîtriser les débordements.

On rentrons dans Central Park et là, tu sais que tu vas avoir mal aux jambes. Tu sais que ce ne sera pas facile car il y a des faux plats. Heureusement que j’avais couru les 7 derniers kilomètres en reconnaissance car je savais comment gérer la dernière ligne droite. A un rythme lent certes mais on s’en moque.

IMG_5338Quand on voit le panneau 26 miles au loin, on sait qu’on peut se lâcher. Beaucoup d’émotion se mêlent dans ma tête. Lorsque je passe devant le 26 miles, le drapeau algérien est présent. Et là je pense à ma famille. Ils sont très fiers de ce que je fais. Même si parfois ils me prennent pour une folle.

Et je sais que juste après il y a le drapeau français. Ça me rassure. Car lors de la parade internationale, j’avais mémorisé sa place. Je me dis, c’est presque fini.C’est juste incroyable de voir tous ces drapeaux du monde. Et toutes les nationalités sont réunis pour courir et partager ce moment.
Et là, le finish! Je suis accueillie par le président NYRR et du marathon Peter Ciaccia. Je pose devant les photographes! Et je hurle Merci! Merci la vie! (Et avec tout ce bruit, je n’avais vraiment pas honte).
J’en profite pour prendre la photo d’arrivée et je savoure ma médaille. Elle est lourde, elle est belle! Je suis super fière de moi.

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Vite vite que je récupère mon poncho et que je prenne le métro.
Mais avant, on nous distribue une couverture en plastique pour ne pas prendre froid. Et un sac contenant un ravitaillement et une Apple. Puis nous marchons encore 10mn pour aller récupéré notre poncho ou nos bagages selon le choix effectué au début.

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Tout est hyper bien organisé et fluide. Les bénévoles ont fait un travail admirables. C’est juste unique. Ce fut une expérience exceptionnelle.

À l’année prochaine?

Je vous remercie sincèrement pour tous vos encouragements et votre soutien. Ce fut énorme de recevoir autant de messages et d’attention. Je vous souhaite sincèrement de vivre cette expérience unique.

Belle semaine,

Nadia