Je commence par la médaille, non?

Ma belle médaille
Ce marathon fut pour moi comme un accouchement sans péridurale : la grossesse/préparation se passe bien avec de la fatigue à certains moments, des hauts et des bas dus aux hormones. Un enfantement douloureux, la satisfaction de la délivrance, l’exaltation de voir sa merveille et enfin l’oubli total de la souffrance.

Voilà comment j’ai vécu mon marathon.

Retour en arrière. Quand on me proposait de faire partie de la team Asicschallengelles. J’étais ravie. Ravie de rencontrer de nouvelles personnes qui partagent la même passion pour la course ou pour le sport. Encadrées par Jean-Pierre Monciaux et Marc Raquil, lors des entraînements, nous avions l’occasion de discuter de nos futurs challenges.

La belle équipe Asics

Un dimanche matin, près de la Porte Dauphine.

Ce marathon m’a tellement fait passer par des phases émotionnelles différentes. C’était  intensément personnel. Nous étions 45000 coureurs mais au fond j’étais dans ma bulle, seule avec moi-même. Sortant de temps à autre pour trouver de l’énergie chez les spectateurs.

Dès la Gare Montparnasse, des flots de futurs marathoniens descendaient les escalators en direction du métro. Facilement reconnaissante à 7h15 du matin. Je montais à Charles De Gaulle et je croisais déjà Renaud et Lynda. Un sourire et un bonjour. Puis à la station suivante, je retrouvais Mélissa et Karine de la même Team Asics accompagnées de Marc. Ça fait du bien de voir des connaissances.

 

L’entrée vers le bus Asics est très surveillée près de la ligne d’arrivée. C’est impressionnant de voir cette ligne et son arche totalement vide. Nous posons devant pour la photo de famille.

Nous laissons nos sacs dans le bus, dernier réglage, derniers encouragements. On a toute hâte de revenir dans le bus avec la médaille. Il faut y aller.

Je perds les copines avec qui j’étais censée courir. Je ne capte pas donc impossible de courir avec elles.

Je décidais alors de courir avec mon amie Laetitia, avec qui j’étais partie courir Nice-Cannes en 2013. Je connaissais sa régularité et je m’étais dit  : « je la suis ». Beaucoup d’étrangers dans la foule, c’est énorme. Dans le sas, je me retourne et je vois à perte de vue les couleurs le long des Champs Elysées.

Que de gambettes!

Nous patientons tranquillement avec nos tocs de dernière minute : on relasse nos lacets, on vérifie notre montre. On replace notre ceinture. Bref tout va bien. L’ambiance est de mise avec la musique à fond et les gens autour de nous. Un grand gaillard me tape sur l’épaule avec un grand sourire. Ça se voyait tant que ça que j’avais besoin d’encouragements. Je remets mes lunettes de soleil. C’est presque notre départ. C’est parti!

Et là plus aucun stress, j’avance et je cours le premier kilomètre. Il est en pente et je vais vraiment tranquillement. Je descends les Champs-Elysées avec fierté. J’y suis. Moi qui n’avais pas pu courir l’année dernière. Je veux ma revanche. J’aime cette ville et tous les souvenirs qui vont avec.

Arrivée vers Concorde, je sens l’atmosphère. Impressionnante. Je gère bien la rue de Rivoli et c’est agréable de voir ces bâtiments connus. Une pancarte annonce l’Hôtel de Ville. Je roule. Beaucoup de sourires et d’encouragements déjà.

J’avais envie de leur dire : allez vers le Bois de Boulogne, il n’y a personne.

J’arrive vers Bastille et je vois un peu avant Omayra, Khadija, Claudia, Emilie et Arnaud. Quelle belle surprise!

Je suis tout sourire. Et puis une petite douleur me pique sur le genou. Je dis à Laetitia : « j’ai une douleur au genou ». Elle me répond pour me rassurer : « mais non c’est dans la tête. »

Hélas, ce n’était pas dans la tête. Je connaissais cette douleur. Une tendinite du Fascia Lata ou le syndrome de l’essuie-glace. Comme par hasard, elle intervenait que maintenant, me laissant tranquille pendant toute la prépa. Bref, j’étais mal.

Je continue mon chemin avec Laetitia jusqu’au 21km. Je lui ai dit: » vas-y j’ai trop mal ». J’ai ralenti et je savais que j’allais souffrir. Je tenais bon car je voulais vraiment finir. Faire une préparation de 4 mois et s’arrêter à ce moment-là n’était pas dans mes objectifs. En tant normal, je serai rentrée chez moi.

Au 24km, je descends vers les tunnels. Je vois Manuela. J’ai les larmes aux yeux, je n’en peux plus. Je lui combien j’ai mal. Elle me prend dans ses bras, me rassure avec ses mots. J’alterne alors avec marche et course.

Les quais de Seine sont blindés de monde, c’est impressionnant. Je suis portée par la foule. Beaucoup m’encouragent.

Au 30ème, la douleur est toujours présente. Et elle ne partira pas jusqu’à la fin. Je vois alors Carole et sa copine, je marche. Je n’en peux plus. Elle m’encourage aussi. Je repars en courant. Son amie fait quelques pas avec moi en me donnant toute son énergie et j’avance. C’est fou comme certains mots nous poussent : the Power of words!

Ensuite, j’avance péniblement. Mais je me dis, allez 12km c’est jouable. Le mental prend le dessus, j’oublie la douleur et je me dis que la ligne d’arrivée est proche. Je vous autour de moi des collègues aussi éclopés que moi voire pire. Alors je ne me plains plus. J’accepte et j’avance.

Je croise Marianne de la même team et on s’encourage mutuellement. Et au 39eme kilomètre, je renoncée Sabine de la team Asicschallengelles. Elle me pousse à continuer avec elle. Elle a des mots gentils et tellement bienveillants. Je suis ravie de finir avec elle.

Et une belle surprise un peu après, je vois mes amis accompagnés de leurs enfants et de mes enfants. Quel bonheur! Et je vois mes yeux briller. Ils courent les derniers kilomètres avec moi. Et ça n’a pas de prix!

La porte Dauphine est bondée de mondes, de sourires et d’encouragements. Avec Sabine, nous franchissions la ligne avec ce grand grand sourire. Un peu avant quelques filles de la Team Asics, en haut du bus,  agitaient les bras pour nous pousser.

Quelle grande émotion de franchir cette ligne! La souffrance est derrière moi mais je sens rapidement mon genou. Je vais chercher mon tshirt Finisher et ma médaille. Je récupère mon sac et je rejoins mes enfants de l’autre côté de l’Avenue Foch. Je souris. Ils sont tellement fiers de moi.

Paradoxalement, malgré la douleur due à cette affreuse tendinite, ce fut mon pire temps mais ce fut aussi le plus réussi à mon goût. J’ai eu beaucoup de plaisir à courir dans ma ville, à connaître par cœur ce parcours, à mettre des noms sur des visages qui encourageaient. Bref, j’ai réellement apprécié.

Merci à Gérard, mon coach pour ses mots réconfortants avant la course. Merci à tous pour vos gentils messages si importants. Merci à Laetitia, les filles de Bernascom (Elodie, Pauline, Solene et Géraldine) et les copines déjantées Isabelle et Sonia, à Justine de Truc de nana ,Maryline, Elodie de Vital, Muriel, Estelle, Eléonore, , Patricia, Marie B. Et Marie D., Sabine, Marianne, Mélissa, Delphine, Karine et toutes les filles de la team Asicschallengelles! 

Excellente journée,

Nadia