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Ah Florence, ville mythique pour les passionnés d’Art et de la Toscane. Mais pourquoi donc aller courir en Italie? Pour la beauté de la langue, de la culture et de la gastronomie. Certainement. J’avais pris mon dossard lors du Running expo de Paris. Je ne savais pas si j’allais la courir. C’était mon challenge. Je me disais que c’était jouable.

Petit topo rapide : un cancer et une chirurgie en janvier 2014 sympa pour débuter la nouvelle année! Puis pose du pack et chimiothérapie début mars jusqu’à juillet puis radiothérapie de juillet à septembre.

Je vous épargnerais les moments difficiles. Ce n’est pas drôle et je ne veux pas tomber dans le pathos.

Le temps passait et j’avais mes traitements de chimiothérapie. Parfois, je pouvais à peine me lever. Je me faisais violence pour sortir et marcher ne serait-ce que 15 minutes. Et puis je voulais  montrer que j’étais encore dynamique et pêcue. Je m’étais fixée comme objectif de courir les 10km de We Own the Night  début juin. Moi qui en mai ne pouvait à peine courir me voilà à finir un marathon.

Mon entrainement

Dès septembre, j’arrivais avec mon plan d’entraînement. Certains me prenaient pour une folle, d’autres attendaient que j’abandonne, sceptiques. Beaucoup m’encourageaient comme il le fallait. J’étais déterminée à courir ce marathon et surtout à le finir. Je me disais la barrière est de 6h c’est jouable. Je précise que ma plus longue distance depuis janvier était 10km et encore à allure de tortue.
Je me suis entraînée sérieusement avec des séances adaptées et du renforcement musculaire sous forme diverses. Mon alimentation était modifiée aussi.
Mon retour sur les courses avaient commencé avec la Parisienne comme ma première fois suivie par les 20km de Paris puis le semi de Boulogne-Billancourt.
Je n’étais pas seule dans mes entraînements. Accompagnée par mes frères ou mes amis, ils savaient que je devais y aller tranquillement et de façon progressive. Je ne voulais pas me blesser bêtement et ne pas être présente sur la ligne de départ.

Une belle tendinite après le semi de Boulogne m’a fait douter. Mais avec l’aide de mon osthéopathe, de mon naturopathe et du repos, ce fut une guérison rapide et efficace.

Mon week-end à Florence

Après ma préparation sérieuse, me voilà à l’aéroport de Pise. Je suis très excitée à l’idée de me rendre dans cette ville. J’avoue que c’est mon premier week-end post traitement et cette sensation de liberté m’envahit. Après une heure de train à rire avec Sichen et Stephane, nous arrivons de nuit dans cette belle ville de Florence. Nous avons de la chance car nous logeons en face du Palaccio Vecchio. Les rues sont illuminées et nous apprécions chaque pas.

Nous avons décidé de prendre du bon temps dans la ville et de profiter des bons restaurants et des bonnes glaces. C’est chose faite après une pizza dans un endroit familial et à la franquette. Les pizzas étaient excellentes. Évidemment, nous nous sommes rendus chez le meilleur glacier. On goûte et on choisit nos parfums. On en profite pour discuter avec les adorables propriétaires qui nous verront bien souvent dans leur boutique.

Dimanche 30 novembre : Jour J

Le parcours : un classique à l’italienne qui vous emmenera à travers les principales artères de la ville, dans le parc vert de la Cuscine, vers le Duomo et l’arrivée dans la Piazza San Croce si impressionnante.

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profil

 

Le réveil sonne. Le temps de prendre une bonne douche et de préparer le petit déjeuner. Chacun a ses habitudes. Je cherche en vain mon shuffle iPod. Tant pis ce sera sans musique. Il fait frais et pluvieux ce matin. Nous avons à peine dormi tellement nous étions excités de faire ce marathon. Nous sommes prêts descendre les escaliers habillés avec nos sacs verts offerts par l’organisation. J’ai vraiment l’impression de ressembler à un télétubbies ou à une pâle copie du bonhomme Cetelem merci Mano! ;). Mais c’est tellement pratique!

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Dans la rue, les coureurs sont déjà prêts, bien couverts aussi et en partance vers la même direction. Vers les Berges. Nous rions bien. Certainement un rire nerveux! Les camions des consignes sont alignés et très organisés. Une demoiselle essaie de franchir la barrière et elle a vraiment du mal. À plusieurs, on la
soulève pour qu’elle aille rejoindre ses amis, qui se moquent bien d’elle.

Les sas sont courts. En effet, seuls 9700 coureurs environ prendront le départ. Et comme nous sommes dans les sas des moins de 4h30, nous sommes vraiment à la fin. Je suis alors étonnée du petit déjeuner du départ : café, thé, barres de céréales, pains,
gâteaux, fruits. Personnellement, je n’ai pas préféré m’aventurer dans ce genre de test. Mais c’est bon à savoir pour les prochaines fois.Nous nous dirigeons dans le sas. Nous avions donné rendez-vous à notre amie Noëlle et à Jiri.
Les meneurs d’allure. Nous avons décidé de suivre les meneurs d’allure de 5h, à la cool. Je vais nous présenter auprès d’eux. Ils sont cinq à courir ensemble et pour nous emmener jusqu’au bout. Alors je fais la traduction entre mes amis et les meneurs. Ils ont un certain humour et je sens que l’ambiance sera de la partie. Ils ont leurs petits ballons violets accrochés à leurs épaules, à l’ancienne. Beaucoup de français prennent part à cette fête.
On avance tranquillement vers le départ dans une ambiance musicale. L’animateur nous accompagne par ses encouragements et ses cris. C’est parti.

Dès le début, nous marchons. Oui, oui car le passage est étroit. Mais très rapidement nous avançons. Je trouve que l’allure est rapide pour moi. Mais bon, je fais confiance aux meneurs Ilaria, Francesco et Frederico. Eh oui, je discute avec tout le monde et j’ai eu le temps de faire connaissance. Et là nous nous accrochons à eux. Ils savent mettre de l’ambiance. Autour de nous les spectateurs applaudissent et crient. Les drapeaux français sont sur place aussi. Je prends tous les encouragements.
Je reste avec mon amie Sichen qui court son premier marathon. C’est toujours impressionnant de courir un marathon. Nous sommes un petit groupe à suivre ces meneurs à travers la ville. À chaque kilomètre, c’est une voix à l’unisson qui hurle « tre, due,uno ». Pas pour longtemps car il nous en reste une quarantaine et je préfère garder mon énergie et être concentrée.
Je bois toutes les 10/15 minutes avec la préparation du matin. Celle-ci est à base de jus de citron, sucre de canne et une pincée de sel. Au moins pour tenir jusqu’au ravitaillement. Les 5 premiers kilomètres se déroulent facilement. Ça rigole bien dans les rangs. Je traduis les blagues! Ils sont fous nos meneurs! Et finalement, je me réjouis d’être présente sur ce parcours, avec des gens qui te poussent.
Un des meneurs s’occupe bien de moi : il va me chercher mon ravitaillement, tient ma bouteille, m’encourage. Ils sont bien sympas, ces italiens!

5 – 10km

Je continue sur ma lancée. Je vais un peu plus vite que mon allure. Nous arrivons vers le Parc. Un peu de verdure dans ce si joli parc fait du bien. Les coureurs du dimanche sont présents. Ilaria, une des meneuses d’allure, connaît beaucoup de monde sur la course et invite les coureurs à faire le marathon l’année prochaine. Elle a une pêche d’enfer et nous transmets son enthousiasme.
Je continue sur un parcours plat. Une pause pipi s’impose. Il y a encore du monde vers la fin. Mine de rien, on dépasse certains coureurs qui ont voulu aller trop vite.
Je vois passer nos amis des Dunes de l’Espoir et leurs joellettes. Ils transportent des enfants souriants! Je les encourage et vice-versa. Ça fait du bien de rencontrer des français sur le parcours. Je me sens comme chez moi.

10-20km

La forme est là. Je prends mon gel et mes boissons régulièrement. Tout va bien. Je reste concentrée mais c’est difficile avec les italiens qui me font bien rire. Dès qu’on passe devant un groupe de spectateurs, nos meneurs ont le chic pour faire monter l’ambiance d’un cran. Je souris. Sincèrement.
Sichen est juste derrière moi. Je colle les meneurs mais ils sont en avance. Ils sont adorables certes et le timing n’est pas leur fort.

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On arrive vers le semi de façon désinvolte. Et là, un gros cri de joie me surprend. Non, non c’était juste un futur marathonien qui avait la foi et qui hurlait sa joie d’être là au semi! Je me suis demandée ce que je faisais ici.

Je continue à un rythme normal le long du Fiume Arno pour arriver vers le Stadio Comunale. Une véritable laideur architecturale. Ce coin est horrible et on a hâte dy passer.

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20- 35km

Les meneurs continuent d’être aussi dynamiques. Finalement dans le lot de coureurs qui les accompagnent, je fais la connaissance de Stéphanie, une dunkerquoise. Et lorsque que nous passons devant son coach et les accompagnateurs, ils nous encouragent chaleureusement. Et ça fait du bien.
Je marche à chaque ravitaillement.
Le pont du 32eme kilomètre me pèse sur les jambes. Les meneurs nous conseillent de marcher le long du pont. Belle vue vers le centre historique. Je reprends du Sportenine pour anticiper les éventuelles crampes. J’ai vraiment la sensation de ne pas avancer et pourtant.

35km

Et voilà le Duomo que nous apercevons de dos. « Plus que 12 km », me répétais-je! Nous allons donc contourner le Duomo pour être proche de l’arrivée. Je vois énormément de coureurs pris de crampes ou en train de marcher. J’ai de la peine pour eux. Sincèrement.
Je continue de courir de façon mécanique. J’y suis presque et je la veux cette médaille!

J’avais dans ma tête un unique objectif !

Le centre historique est juste magnifique avec cette l’impression de déjà-vu! Et en effet, le Ponte Vecchio est juste devant moi. Cette fois-ci, je le traverse et c’est fou comme un simple pont peut couper les jambes. C’est juste magnifique à voir. Dommage que le temps gris et nuageux ne permettent pas d’apprécier le paysage! Mais bon, je ne suis pas là pour faire du tourisme!

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Vers la fin, nous sommes réellement dans le centre historique. Ce qui signifie de beaux bâtiments certes mais aussi des touristes qui tentent de couper la route et des beaux pavés.
Et ces pavés! Heureusement que je rasais le sol vers la fin, car les pavés tordus donnaient un certain charme et en ont fait tomber plus d’un!

Et là le 40eme kilomètre, je regarde ma montre pour une fois et je marche. Les jambes lourdes. J’ai vraiment l’impression de ne pas avancer. Je laisse les meneurs d’allure s’en aller. Ça m’embête quand même! Ils étaient vraiment sympas.
Je me reprends vite après une minute de marche. Je savais qu’avec 2km restant, j’allais l’avoir cette médaille et que je franchirais la ligne d’arrivée quoiqu’il arrive!
J’avançais lentement mais j’avançais.

À ce moment là, je vois Adrien qui a fini et qui rejoint Christelle juste derrière moi! Il m’encourage chaleureusement et va aider Christelle à finir sa course. Au loin, j’entends leurs cris  » allez Nadia » qui résonnent dans les rues. Je souris car les gens se retournent sur moi et continuent à crier Bravo Nadia.

Quand soudain, l’arche! L’arche de la délivrance. Ah et bien non, pas la première, ni la seconde d’ailleurs. Ils ont mis 4 arches gonflables pour atteindre l’arrivée! Et quelle arrivée! Devant le Duomo, les gens sont attroupes pour encourager et les photographes nous attendent pour immortaliser ce finish à 2 à l’heure! J’hurle ma victoire! J’ai fini! Un grand sourire s’affiche sur mon visage. Je ne pleure pas d’émotion! Je jubile.

J’avance et je vois les meneurs d’allure devant moi. Je les remercie chaleureusement et nous échangeons quelques mots!
Je récupère mes bouteilles d’eau en attendant Sichen. Je ne sais pas ce qu’il en est pour elle. J’attendrais avec Adrien et Christelle! Finalement, elle arrive 8 minutes après moi! Et là les larmes! Des larmes de revanche sur cette p…. De maladie! J’ai presque effacé les mauvais moments. Je jubile!

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Le retour dans l’appartement est aussi jubilatoire avec les 80 marches à monter. Je vous épargnerai la vidéo tout de même.

Voilà je remets les compteurs à zéro et je commence ma nouvelle vie et de nouveaux challenges.

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Excellente journée,

Nadia

 

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